HISTORY OF WESTERN ECONOMIC THOUGHT. HISTORIA DO PENSAMENTO ECONOMICO OCIDENTAL

HISTORY OF WESTERN ECONOMIC THOUGHT HISTORIA DO PENSAMENTO ECONOMIC OCIDENTAL. HISTOIRE DE LA PENSÉE ECONOMIQUE OCCIDENTALE. GESCHICHTE DES WESTLICHEN WIRTSCHAFTSGEDANKENS. STORIA DEL PENSIERO ECONOMICO OCCIDENTALE. ИСТОРИЯ ЗАПАДНОЙ ЭКОНОМИЧЕСКОЙ МЫСЛИ. 西洋経済思想の歴史. 西方经济思想史. PROF. DR. DARCY CARVALHO. FEAUSP. SÃO PAULO. BRAZIL. 2019

http://www.universityofcalicut.info/SDE/Economic_thought.pdf

1 THE HISTORY OF ECONOMIC THOUGHT AND CONTEMPORARY ANALYSIS BY ALAIN BARRERE

Histoire de la pensée économique et analyse contemporaine

https://archive.org/details/HISTOIREDELAPENSECONOMIQUEETANALYSECONTEMPORAINEALAINBARRERE/page/n14

Two separate objects are offered to our attention by Alain Barrere: a history of the economic thought, outlining the development over time of an applied intellectual activity concerned with the knowledge and the interpretation of economic phenomena; and, on the other hand, a study covering more specially the efforts of the contemporaries, very much oriented towards the objective and scientific research, whereof the need to take into account both the past epochs, each of which left a contribution, and the present, rich with accumulated experiences and new resources of investigation. We are led therefore to consider the process of economic thought in a most general sense and the economic analysis in a strict sense. 

Dois diversos objetos são oferecidos a nossa atenção por Alain Barrere: em primeiro lugar, uma história do pensamento econômico que delinea o desenvolvimento ao longo do tempo da atividade intelectual aplicada ao conhecimento e a interpretação dos fenômenos econômicos; em segundo lugar, um estudo que se concentra especialmente nos esforços dos contemporâneos, orientados para a investigação objectiva e cientÍfica. Daí a necessidade de levar em conta tanto as épocas passadas, cada uma das quais deixou sua contribuição, e o presente rico de experiências acumuladas e novos meios de investigação. Somos então levados a tratar o pensamento econômico em sentido geral e a análise econômica em sentido estrito.

HISTOIRE DE LA PENSÉE ECONOMIQUE ET ANALYSE CONTEMPORAINE ALAIN BARRERE

 Cet ouvrage est la reprise et le développement d’un cours professé en licence ès-sciences économiques a la Faculté de Droit et des Sciences Économiques de Paris.  Deux objects distincts sont proposes a notre attention par Alain Barrere: d une part, une histoire de la pensée économique exposant le developpement au cours du temps d une activite intellectuelle appliquée a la connaissance et a l'interpretation des phenomènes économiques; d autre part, une étude portant plus specialement sur les efforts de nos contemporains, três nettement orientés vers la recherche objective e scientifique. D'ou la necessite de tenir compte a la fois des époques passées dont chacune a apporte sa contribution et d’ un present riche d experiences accumulées et de moyens d investigation nouveaux. On est alors conduit a traiter de la pensée économique au sens le plus general et l'analyse économique au sens strict. 

L'ETUDE HISTORIQUE DE LA RECHERCHE ECONOMIQUE . Bien qu'ayant connu un essor remarquable depuis quelques années, la recherche économique a un riche passé qu'il est intéressant de connaître. Par ailleurs, on doit se demander si cette recherche continue a conservé les mêmes caractères au cours du temps et, notamment, comment s'expliquent  ceux qu'elle possède aujourd'hui.  Trois thèmes sont ainsi proposés, dont l'examen est indispensable à la compréhension des développements qui suivent : - les conceptions de l'histoire de la pensée économique, - la distinction et la complémentarité de la doctrine et de la théorie, - la distinction de la pensée et de l'analyse économique. On peut considérer qu'il existe deux méthodes pour aborder l'histoire de la pensée économique. Il importe d’indiquer  en quoi elles consistent, pour montrer ensuite qu'elles correspondent à des aspects différents de la pensée elle-même.  Les conceptions de l'histoire de la pensée économique . 

 Les deux méthodes d'investigation. Pour étudier l'histoire de la pensée économique, on peut rechercher les filiations qui existent d'un auteur à l'autre et les oppositions qui se manifestent entre eux au cours du temps. Dans ces conditions, on s'efforce de suivre l'évolution d'une pensée à travers les hommes qui l'ont formulée. On peut voir, en elle, au contraire, un effort pour dépasser par l’intermédiaire des auteurs successifs , les acquisitions réa- lisées par leurs prédécesseurs. Dans ces conditions, on procède par voie de dépassement et de synthèse . Nous allons examiner ces deux modalités, 

A) - L'histoire des filiations et des conflits. Lorsqu'on aborde l'histoire de la pensée économique en cherchant à établir les filiations et les oppositions qui se manifestent entre les différents auteurs, on accorde une attention toute particulière à la personnalité de chacun d'entre eux. On fait ressortir la manière dont s'est établie et s'est poursuivie leur formation intellectuelle; on retrace les influences qu'ils ont subies de la part des auteurs qui les ont précédés; on examina le milieu dans lequel' ils ont vécu, les événements qu'ils ont pu connaître et qui permettent d'expliquer, en partie, leur propre interprétation. Les exemples ne manquent pas. On peut montrer que Quesnay qui, comme on le sait, fut médecin à la Cour de Louis XV, a. pu tirer de ses connaissances médicales l'idée d'une circulation du produit national à l'intérieur de l'économie. De même, on ne manque pas de faire remarquer l'influence que le philosophe Hegel a exercée sur Marx, en particulier comment la dialectique matérialiste de celui-ci est influencée par le système de Hegel.  On peut procéder d'une manière identique pour expliquer la formation, et l'évolution des différentes Ecoles. C'est ainsi que partant du fondateur, on examinera la manière dont il a posé les principes de sa doctrine ou les éléments essentiels de sa pensée et comment celles-ci se sont transmises à leurs disciples qui les ont à leur tour enrichies et perfectionnées, C'est de cette manière qu'on peut établir au sein d'une même Ecole les filiations qui s ' établissent entre les  différents auteurs. On peut donc retracer la démarche de la pensée, marquer les enrichissements réalisés et les déformations subies.

De la même manière, on signalera les oppositions qui existent entre les auteurs et les Ecoles. Ces oppositions  sont inévitables et permanentes en raison des racines quelles puisent dans la pensée philosophique ou spirituelle de  chacun des auteurs envisages. On peut alors souligner la part de subjectivisme qui imprègne toute pensée personnelle quel que soit son domaine d' application . Selon cette méthode, le ressort interne, le principe de  progression de la pensée économique, devient les influences exercées par les maîtres sur les disciples et les oppositions qui se manifestent entre des interprétations personnelles divergentes. On rattache, en somme, les manifestations de la pensée aux hommes et au milieu dans lequel ils ont vécu. Dans cette conception, la pensée économique se développe par voie de filiation et par jeux d' oppositions, dans toute la mesure notam ent où lâ pensée est considérée comme "engagée". 

B)  L'histoire des dépassements et des synthèses . Dans cette seconde conception, on estime que la pensée trouve son élément moteur et le principe de son évolution dans une série d’efforts tendant à provoquer des dépassements successifs, des synthèses temporaires réalisant des progrès qui, à leur tour, sont à l'origine de nouveaux dépassements et de nouvelles synthèses. Au lieu de mettre l'accent sur l’opposition on le place sur la conciliation. On recherche alors comment progresse l'explication objective de la réalité; on s'attache moins aux hommes et au milieu dans lequel ils ont vécu, qu'à la pensée considérée en elle-même. L'interprétation se présente alors comme beaucoup plus objective que dans le cas précédent et elle constitue l'objet même de l'étude historique. On peut citer un exemple de la méthode ainsi choisie en montrant comment l'équilibre monétaire proposé par Wicksell a été perfectionné par Myrdal et comment Keynes lui a donné une forme plus achevée. Mais il est évident qu'on peut procéder à cette étude sans faire un recours très net au tempérament, au caractère, à la formation intellectuelle ou au milieu dans lequel ont vécu ces économistes. Il est au contraire difficile de comprendre comment le Manifeste du Parti communiste a pu être publié par Karl Marx en 1648 sans faire référence à la personnalité de l'auteur et au fait qu'il ait vécu en Grande-Bretagne au moment du premier éssor de l'industrie.  Par contre, lorsque l'histoire se propose de montrer  les dépassements et les synthèses réalisés sur le plan scientifique beaucoup plus que sur le plan des préférences subjectives et des options doctrinales, il est difficile de construire sans faire état des explications qui ont été fournies par les précédents auteurs. On s'appuie, au contraire, sur elles pour montrer comment se sont effectués des dépassements, comment ont été réalisés les perfectionnements. 

De plus, on ne se borne pas à choisir dans une lignée, encore moins dans une attitude déterminée a priori on intègre un apport nouveau à dés apports anciens choisis sans idée préconçue. Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que lorsqu'il s'agit de dépassement et de synthèse de l’explication scientifique, les questions relatives à l'option personnelle, au subjectivis-me, engagent beaucoup moins la personnalité de l'auteur. Il s'agit, en effet, avant tout, d'expliquer, de rendre compte, de connaître et non pas de faire oeuvre subjective. On. recherche alors un progrès dans l'explication, réalisé par les synthèses nouvelles dans lesquelles les résultats obtenus par les auteurs précédents sont vus sous un éclairage nouveau et perfectionnés en raison des nouvelles réflexions. Sans doute, ne saurait-on dire que le milieu ou les événe- ments contemporains de l’auteur sont sans influence} mais ils n'exercent celle-ci qu'en apportant de nouvelles suggestions ou en fournissant de nouveaux enseignements. Dans cette perspective, on peut déceler des Ecoles, des théories qui se développent et qui se transmettent d'un au- teur à l'autre.; mais le véritable progrès ne s'effectue pas  dans une lignée par filiation au sein d'une même Ecole; il s'effectue par l'influence réciproque qu'une Ecole exerce sur l'autre.[…]

2 TEORIA DO DESENVOLVIMENTO ECONÔMICO: OS BASTIDORES DO DESAPARECIMENTO DESTA ÁREA DA ECONOMIA NO SÉCULO XX. THE THEORY OF ECONOMIC DEVELOPMENT: THE BACKGROUNDS OF THE DEMISE OF THIS AREA OF ECONOMICS IN THE TWENTIETH CENTURY. SOURCE: ENCYCLOPEDIA BRITANNICA.

ECONOMIC THOUGHT ON DEVELOPMENT AFTER WORLD WAR II

After World War II a number of developing countries attained independence from their former colonial rulers. One of the common claims made by leaders of independence movements was that colonialism had been responsible for perpetuating low living standards in the colonies.

Thus economic development after independence became an objective of policy not only because of the humanitarian desire to raise living standards but also because political promises had been made, and failure to make progress toward development would, it was feared, be interpreted as a failure of the independence movement.

Developing countries in Latin America and elsewhere that had not been, or recently been, colonies took up the analogous belief that economic domination by the industrial countries had thwarted their development, and they, too, joined the quest for rapid growth.

At that early period, theorizing about development, and about policies to attain development, accepted the assumption that the policies of the industrial countries were to blame for the poverty of the developing countries.

Memories of the Great Depression, when developing countries’ terms of trade had deteriorated markedly, producing sharp reductions in per capita incomes, haunted many policymakers. Finally, even in the developed countries, the Keynesian legacy attached great importance to investment.

In this milieu, it was thought that a “shortage of capital” was the cause of underdevelopment. It followed that policy should aim at an accelerated rate of investment. Since most countries with low per capita incomes were also heavily agricultural (and imported most of the manufactured goods consumed domestically), it was thought that accelerated investment in industrialization and the development of manufacturingindustries to supplant imports through “import substitution” was the path to development.

 Moreover, there was a fundamental distrust of markets, and a major role was therefore assigned to government in allocating investments. Distrust of markets extended especially to the international economy.

Experience with development changed perceptions of the process and of the policies affecting it in important ways. Nonetheless, there are significant elements of truth in some of the earlier ideas, and it is important to understand the thinking underlying them.

HLA MYINT AND ANNE O. KRUEGER. GROWTH ECONOMICS AND DEVELOPMENT ECONOMICS

Development economics may be contrasted with another branch of study, called growth economics, which is concerned with the study of the long-run, or steady-state, equilibrium growth paths of the economically developed countries, which have long overcome the problem of initiating development.

Growth theory assumes the existence of a fully developed modern capitalist economy with a sufficient supply of entrepreneurs responding to a well-articulated system of economic incentives to drive the growth mechanism.

Typically, it concentrates on macroeconomic relations, particularly the ratio of savings to total output and the aggregatecapital–output ratio (that is, the number of units of additional capital required to produce an additional unit of output).

Mathematically, this can be expressed (the Harrod–Domar growth equation) as follows: the growth in total output (g) will be equal to the savings ratio (s) divided by the capital–output ratio (k); i.e., g = s/k.

Thus, suppose that 12 percent of total output is saved annually and that three units of capital are required to produce an additional unit of output: then the rate of growth in output is 12/3% = 4% per annum.

This result is obtained from the basic assumption that whatever is saved will be automatically invested and converted into an increase in output on the basis of a given capital–output ratio. Since a given proportion of this increase in output will be saved and invested on the same basis, a continuous process of growth is maintained.

Growth theory, particularly the Harrod–Domar growth equation, has been frequently applied or misapplied to the economic planning of a developing country.

The planner starts from a desired target rate of growth of perhaps 4 percent. Assuming a fixed overall capital–output ratio of, say, 3, it is then asserted that the developing country will be able to achieve this target rate of growth if it can increase its savings to 3 × 4 percent = 12 percent of its total output.

The weakness of this type of exercise arises from the assumption of a fixed overall capital–output ratio, which assumes away all the vital problems affecting the developing country’s capacity to absorb capital and invest its saving in a productive manner. These problems include the central problem of the efficient allocation of available savings among alternative investment opportunities and the associated organizational and institutional problems of encouraging the growth of a sufficient supply of entrepreneurs; the provision of appropriate economic incentives through a market system that correctly reflects the relative scarcities of products and factors of production; and the building up of an organizational framework that can effectively implement investment decisions in both the private and the public sectors.

Such problems, which generally affect the developing country’s absorptive capacity for capital and a number of other inputs, constitute the core of development economics. Development economics is needed precisely because the assumptions of growth economics, based as they are on the existence of a fully developed and well-functioning modern capitalist economy, do not apply.

The developing and underdeveloped countries are a very mixed collection of countries. They differ widely in area, population density, and natural resources. They are also at different stages in the development of market and financial institutions and of an effective administrative framework.

These differences are sufficient to warn against wide-sweeping generalizations about the causes of underdevelopment and all-embracing theoretical models of economic development.

But when development economics first came into prominence in the 1950s, there were powerful intellectual and political forces propelling the subject toward such general theoretical models of development and underdevelopment.

First, many writers who popularized the subject were frankly motivated by a desire to persuade the developed countries to give more economic aid to the underdeveloped

countries, on grounds ranging from humanitarian considerations to considerations of cold-war strategy.

Second, there was the reaction of the newly independent underdeveloped countries against their past “colonial economic pattern,” which they identified with free trade and primary production for the export market.

These countries were eager to accept general theories of economic development that provided a rationalization for their deep-seated desire for rapid industrialization.

Third, there was a parallel reaction, at the academic level, against older economic theory, with its emphasis on the efficient allocation of scarce resources and a striving after new and “dynamic” approaches to economic development.

All of these forces combined to produce a crop of theoretical approaches that soon developed into a fairly fixed orthodoxy with its characteristic emphasis on “crash” programs of investment in both material and human capital, on domestic industrialization, and on government economic planning as the standard ingredients of development policy.

These new theories have continued to have a considerable influence on the conventional wisdom in development economics, although in retrospect most of them have turned out to be partial theories.

A broad survey of these theories, under three main heads, is given below. It is particularly relevant to the debate over whether the underdeveloped countries should seek economic development through domestic industrialization or through international trade.

The limitations of these new theories—and how they led to a gradual revival of a more pragmatic approach to development problems, which falls back increasingly on the older economic theory of efficient allocation of resources—are subsequently traced.

A TEORIA ECONÔMICA MODERNA DO OCIDENTE POR A. KHUDOKORMOV. A. Doutor em Economia . Chefe do Departamento de História da Economia Nacional e Estudos Econômicos da Faculdade de Economia da Universidade Estadual Mv Lomonosov de Moscou

http://institutiones.com/theories/1044-sovremennaya-ekonomicheskaya-toriya-zapada.html

What is the difference between the general state of modern Western economic theory and its state of forty and fifty years ago? In the 1950s and 1960s, the central figure of Western economic theory was undoubtedly one of the creators of the "neoclassical synthesis" Paul Samuelson (1). He himself, not without reason, believed that 90 percent of Western economists agreed with his concept, which synthesizes marginal theory in microeconomics and Keynesian doctrine in macroeconomics (2). The most influential economist of the new stage - Milton  Friedman - could no longer say something similar about his theory of monetarism. The changes are recorded today. The Russian researcher A. M. Liebman completes his report on the state of the modern economy with the claim that his appearance is changing seriously (3). But the question is how and in what direction? It is definitely possible to argue that, despite all the main theoreticians' attempts to take into account the latest achievements of alternative schools and to create a more "pluralist" theory that would satisfy most Western economists, the instability and breadth of divergence increased in last decades.

Qual é a diferença entre o estado geral da moderna teoria econômica do Ocidente e seu estado de quarenta e cinquenta anos atrás? Nos anos 50 e 60, a figura central da teoria econômica ocidental, sem qualquer dúvida, foi um dos criadores da "síntese neoclássica" Paul Samuelson (1). Ele mesmo, não sem razão, acreditava que 90% dos economistas do mundo ocidental concordam com seu conceito, que sintetiza a teoria marginal na microeconomia e a doutrina keynesiana na macroeconomia (2). O economista mais influente da nova etapa - M. Friedman - não podia mais dizer algo semelhante sobre sua teoria do monetarismo. As alterações são registradas hoje. O pesquisador russo A. M. Liebman completa seu relatório sobre o estado da economia moderna com a afirmação de que sua aparência está mudando seriamente (3). Mas a questão é como e em que direção? É definitivamente possível argumentar que, apesar de todas as tentativas dos principais teóricos de levar em conta as últimas conquistas das escolas alternativas e criar uma teoria mais “pluralista” que satisfaria a maioria dos economistas ocidentais, a instabilidade e a amplitude das divergências aumentaram nas últimas décadas. As disputas pela liderança dentro da ortodoxia mais neoclássica não cessam (por exemplo, entre monetaristas modernos e representantes da "nova teoria clássica"); de tempos em tempos, verdadeiras brigas chocam o mainstream (lembre-se das acusações contra neoclássicos do fundador do neoinstitucionalismo R. Coase). Mais e mais argumentos sérios estão se acumulando de sucessivos oponentes do mainstream neoclássico - do lado das teorias "

Esses conflitos internos e instabilidade são tão óbvios que encorajam muitos pesquisadores a fazerem declarações sobre o início de uma nova crise da teoria econômica ocidental. Os argumentos "para" e "contra" tais declarações precisam de uma análise especial.

No momento, essa tarefa é facilitada por uma abundância sem precedentes de literatura nacional e estrangeira, que fornece estimativas gerais da teoria econômica ocidental na virada dos séculos XX e XXI. Vamos mencionar em primeiro lugar um seminário teórico sobre a crise da ciência econômica, na qual participaram destacados especialistas nacionais: V. S. Avtonomov, S. A. Afontsev, V. P. Gutnik, R. M. Entov, R. I. Kapelyushnikov, etc. O material do seminário, que foi realizado em fevereiro de 2002 sob a liderança de V. A. Martynov, também incluiu o resumo do artigo do famoso economista inglês M. Blaug sob o título "Processos de Alarme na Teoria Econômica Moderna" (4). Outro texto resumido pertence a U. Baumol (5).

Crise como forma de desenvolvimento da teoria

Nas publicações dos representantes da teoria econômica ocidental e de seus próprios comentaristas nacionais, com regularidade quase regular (a cada 40-60 anos), o tema da "crise" do Ocidente e de toda a ciência econômica mundial aparece repetidas vezes. Assim, de acordo com estimativas geralmente aceitas, na década de 1870, a crise de A. Smith, a escola clássica de D. Ricardo e seus epígonos começaram, causada principalmente pela incapacidade das teorias clássicas de valor e preço se adaptarem à nova etapa do desenvolvimento do capitalismo (destacando o problema da economia). eficiência, combinação óptima de custos e resultados, tendo em conta, juntamente com a produção de um efeito cardinal em proporções de valor por parte dos consumidores, etc.). Da crise de 1870-1890, a revolução marginalista levou o pensamento econômico ocidental, que marcou o início do período de dominação neoclássica, cuja liderança orientadora durou até o início da Grande Depressão de 1929-1933. Os marginalistas de fato criaram a microeconomia moderna, mas na área de análise científica, que agora é chamada de macroeconomia, suas conquistas foram muito mais modestas. É suficiente dizer que a maioria dos economistas neoclássicos compartilhava a chamada lei de Say dos mercados, que postulava a suprema igualdade entre oferta e demanda agregadas. Assim, no campo da política econômica, a conhecida máxima francesa "laissez-faire" tornou-se o símbolo da fé da direção neoclássica, que Baumol transformou, não sem humor, na fórmula angularizada "anarquia mais constable". Os marginalistas de fato criaram a microeconomia moderna, mas na área de análise científica, que agora é chamada de macroeconomia, suas conquistas foram muito mais modestas. É suficiente dizer que a maioria dos economistas neoclássicos compartilhava a chamada lei de Say dos mercados, que postulava a suprema igualdade entre oferta e demanda agregadas. Assim, no campo da política econômica, a conhecida máxima francesa "laissez-faire" tornou-se o símbolo da fé da direção neoclássica, que Baumol transformou, não sem humor, na fórmula angularizada "anarquia mais constable". Os marginalistas de fato criaram a microeconomia moderna, mas na área de análise científica, que agora é chamada de macroeconomia, suas conquistas foram muito mais modestas. É suficiente dizer que a maioria dos economistas neoclássicos compartilhava a chamada lei de Say dos mercados, que postulava a suprema igualdade entre oferta e demanda agregadas. Assim, no campo da política econômica, a conhecida máxima francesa "laissez-faire" tornou-se o símbolo da fé da direção neoclássica, que Baumol transformou, não sem humor, na fórmula angularizada "anarquia mais constable". que a maioria dos economistas neoclássicos compartilhava a chamada lei de Say dos mercados, que postulava a suprema igualdade entre oferta e demanda agregadas. Assim, no campo da política econômica, a conhecida máxima francesa "laissez-faire" tornou-se o símbolo da fé da direção neoclássica, que Baumol transformou, não sem humor, na fórmula angularizada "anarquia mais constable". que a maioria dos economistas neoclássicos compartilhava a chamada lei de Say dos mercados, que postulava a suprema igualdade entre oferta e demanda agregadas. Assim, no campo da política econômica, a conhecida máxima francesa "laissez-faire" tornou-se o símbolo da fé da direção neoclássica, que Baumol transformou, não sem humor, na fórmula angularizada "anarquia mais constable".

A crise da direção neoclássica foi claramente revelada durante a Grande Depressão: os adeptos dessa direção não foram capazes de dar respostas convincentes às questões colocadas pela própria vida. Primeiro, porque a Grande Depressão surgiu (6); em segundo lugar, o que precisa ser feito para sair dela; em terceiro lugar, o que deve ser feito para evitar desastres econômicos, como o que o capitalismo mundial experimentou na virada dos anos 1920-1930?

É geralmente aceito que a revolução keynesiana levou a teoria econômica ocidental a sair da crise causada pela Grande Depressão. Foi J.M. Keynes quem descobriu dentro do capitalismo um mecanismo insidioso que gera um estado depressivo, quando com o crescimento da renda nacional, sua participação invariavelmente diminui, o que vai para o consumo acumulado e, inversamente, a participação da poupança total aumenta. Como, de acordo com Keynes, há uma lacuna no espaço e no tempo entre a poupança (um ato de passivo) e o investimento (ação ativa), uma parte significativa da poupança não se transforma em investimento e permanece ociosa, então as despesas totais de uma nação tendem a ser menores que renda total. Isto leva a uma escassez crónica, ou défice, de procura efectiva no mercado, subcarga de capacidades, desemprego em massa,

A presença desse mecanismo não significa, segundo Keynes, a inevitabilidade de um estado depressivo. Este último pode ser evitado por medidas ativas do governo para manter a demanda efetiva por meio de políticas orçamentárias, de crédito e tributárias. Receitas para essa política sobre a iniciativa de Keynes foram desenvolvidas no contexto de uma seção fundamentalmente nova da teoria econômica, chamada "macroeconomia" (7).

Como já mencionado, a revolução keynesiana não apenas trouxe a teoria econômica ocidental para fora do impasse ideológico dos anos 1930, mas também forneceu a base teórica para a expansão econômica do pós-guerra. O relativo bem-estar econômico e teórico foi interrompido nos anos 70 e início dos 80, quando a crise cobriu a própria doutrina keynesiana.

Assim, ao longo do último século e meio, a teoria econômica ocidental experimentou pelo menos três crises ideológicas severas - três períodos de condições muito dolorosas, durante as quais foi encontrada uma clara discrepância entre conceitos anteriores, ensinamentos, teorias e fenômenos reais e tendências da vida. No entanto, toda vez que uma crise teórica continha um momento de exploração dramática do novo e levava a avanços frutíferos, inclusive no domínio da alta teoria, à restauração do relativo encaixe da teoria e prática (8).

A crise, portanto, é uma forma de atualizar a teoria, mas a forma não é a única e, aparentemente, indesejável. Muito mais preferível é o mecanismo de melhoria regular da ciência econômica, construído sobre inovações "fundamentais" e "aperfeiçoadoras" sistemáticas e constantes (9). Esse mecanismo também traz consigo uma atualização da teoria, fortalece sua conexão com a prática, mas não está associado aos custos morais e materiais que inevitavelmente acompanham a forma de crise da ciência econômica.

A discussão sobre o tema da existência de uma crise na teoria econômica, desenvolvida nos últimos anos na literatura nacional e estrangeira, visa, entre outras coisas, responder à pergunta: que forma de desenvolvimento - crise ou inovação - é característica do último estágio de desenvolvimento da teoria econômica ocidental? Os participantes da discussão respondem a essa pergunta de maneiras diferentes.

L'ECONOMIE EN FRANCE : L’INSTALLATION DE L’ECONOMIE DANS LE PAYSAGE ACADEMIQUE FRANÇAIS THE INSTITUTIONALIZATION OF ECONOMICS IN THE FRENCH ACADEMIA. PASCAL LE MERRER, « L’affirmation de l’économie comme discipline scientifique : une histoire française particulière », Tracés. Revue de Sciences humaines      

https://journals.openedition.org/traces/5313

RÉSUMÉ. The institutionalization of economics in French academia has been arduous. This can be confirmed for teaching, as well as research and expertise. While the turmoil of recent years has raised the question “what is the usefulness of economists ? ”, it is necessary to identify the moments and the channels of the normalization and professionalization of economics. This article highlights the role of seminars and research institutes in this process after the Second World War. Mots clés :expertise, histoire de la pensée économique, séminaires et instituts de recherches. Keywords :expertise, history of economic thought, seminars, research institutes

1 L’installation de l’économie dans le paysage académique français a été laborieuse. On peut le vérifier à plusieurs niveaux, celui de l’enseignement, celui de la recherche et celui de l’expertise ; en sachant que ces trois niveaux interagissent les uns avec les autres, ne serait-ce que par les acteurs qui interviennent à la fois comme enseignants, chercheurs et experts. Alors que l’actualité des dernières années a conduit à se demander « à quoi servent les économistes ? », il peut être utile d’identifier la période et les canaux par lesquels cette discipline s’est à la fois normalisée et professionnalisée.

 2 Il existe de nombreux travaux, produits par des historiens, des sociologues et des économistes spécialistes d’histoire de la pensée, qui ont travaillé en particulier sur le xixe siècle et la première moitié du xxe siècle (Le Van-Lemesle, 2004 ; Dockès et al. éd., 2000 ; Fourcade, 2009). On s’attardera peu sur cette période pour se concentrer sur la situation au lendemain de la Seconde Guerre mondiale afin de mieux comprendre la relative faiblesse des sciences économiques en France. C’est entre les années 1950 et les années 1980 que se produisent des changements qui vont permettre à la science économique de s’imposer comme une discipline autonome dans l’enseignement supérieur avec un essor rapide de la recherche et le développement de centres d’expertise publics et privés. Cet article met l’accent sur le rôle des séminaires, des instituts et centres de recherche dans ce processus.

 3 Ensuite, des années 1980 à aujourd’hui, on peut identifier le passage d’une étape à une autre : la normalisation de la discipline fait place à sa professionnalisation. Ces processus de normalisation et de professionnalisation sont à la source de tensions s’incarnant dans des initiatives qui contestent cette dynamique. L’enjeu aujourd’hui n’est certainement pas de refuser les évolutions qui sont en fait la vie de la discipline, mais plutôt de peser sur les choix possibles dans le cadre de ces transformations.

 Une histoire particulière ?

4 Les qualificatifs pour décrire l’état de la science économique en France au xixe et dans la première moitié du xxe siècle ne sont pas encourageants. Marion Fourcade analyse « les mondes éclatés de l’économie politique française » (Fourcade, 2002, p. 29) et parle de la difficulté pour que s’impose un statut de l’économie en France (Fourcade, 2009, p. 186). De nombreuses résistances politiques et institutionnelles ont retardé l’autonomisation de l’économie comme discipline en France, et il faut rappeler qu’au sortir de la Seconde Guerre mondiale, elle n’est qu’une discipline annexe dans les facultés de droit. En outre, il existe des résistances culturelles fortes, notamment en raison des influences catholiques, très présentes dans les facultés de droit, qui vont contribuer à développer une approche critique de l’utilitarisme et du caractère égoïste et mécanique de l’homo œconomicus auquel est opposée la notion de personne humaine. L’influence du catholicisme social est ainsi un phénomène majeur à prendre en compte si l’on veut comprendre le positionnement des économistes universitaires français jusqu’aux années 1960. [1  On peut citer par exemple : « Le rôle économique de l’État » en 1922 ; « Les nouvelles conditions (...) 2  Expression utilisée par l’Association des amis de François Perroux].

5 Si l’on examine, par exemple, les publications des Semaines sociales de France qui sont lancées en 1904 par une première session tenue à Lyon, on constate que les sujets économiques occupent une large place1. Au fil des différentes sessions, on retrouve les noms de nombreux économistes, surtout après 1945, comme Daniel Villey, André Piettre, Maurice Byé, Gérard Marcy, Alain Barrère, Robert Goetz-Girey, Henri Guitton, Henri Ardant, François Perroux, Henri Bartoli… Ces universitaires publient aussi des livres qui font le lien entre la religion et l’économie (Guitton, 1945 ; Piettre, 1950 ; Fyot, 1952). Ces économistes catholiques veulent contribuer à « l’élaboration et à l’expression d’une conception humaine de l’économie : une économie au service des hommes et non pas l’inverse »2.

 6 Il y a deux manières d’interpréter cette situation française : certains, prenant en compte la tradition, iront jusqu’à parler d’une école française ; d’autres considèrent cette situation comme l’expression d’une relative fermeture intellectuelle, les économistes universitaires français étant jusqu’aux années 1960 relativement en marge des travaux de recherche conduits dans le monde anglo-saxon. Aux États-Unis, qui deviendront la référence après 1945, on observe ainsi une tradition très différente, notamment par son rapport à la pratique et son usage des théories. Marion Fourcade explique en effet :

 Le professionnalisme scientifique des économistes américains, c’est-à-dire le fait que l’économie est bel et bien une profession en prise constante sur la pratique (celle de l’État, bien sûr, mais aussi celle du marché) s’articule ainsi assez bien avec le scientisme professionnel au cœur de la discipline. (Fourcade, 2005, p. 6).

 7 Contrairement à la situation française d’après guerre, les économistes américains développent leurs outils théoriques et techniques dans un usage qui ne se limite pas à la recherche académique et à l’expertise au service de l’État mais qui est aussi valorisé dans des activités de conseil dont la logique est explicitement marchande.

 La recherche sauvée par les séminaires

8 Dès le deuxième tiers du xixe siècle on assiste à une prise de conscience des faiblesses du système universitaire français. Comme le montre Christophe Charles (1994, p. 21 et suivantes),la référence est alors l’exemple allemand qui véhicule un modèle d’organisation de la recherche fondé sur la spécialisation des professeurs, l’existence de séminaires où se forment les futurs chercheurs, et la multiplication des instituts de recherche. La pratique du séminaire sera introduite en France avec la création de l’École pratique des hautes études en 1868. Mais l’économie politique n’y trouve sa place qu’en 1907, dans la section des sciences historiques et philologiques avec la création d’une chaire d’histoire des doctrines économiques occupée par Adolphe Landry (une seconde chaire est créée pour François Simiand en 1924, intitulée « Histoire et statistique économique »). Il reste que ces séminaires n’ont touché qu’un public très restreint composé d’agrégatifs et de curieux (Le Van-Lemesle, 1985, p. 256).

 9 Pendant l’entre-deux-guerres, seules deux institutions, qui correspondent à des initiatives isolées, vont produire des travaux originaux en économie : le Centre polytechnicien d’études économiques créé en 1931 et l’Institut scientifique de recherches économiques et sociales créé en 1933.

 Le Centre polytechnicien d’études économiques (1931-1939)

10 Le groupe X-Crise est né en 1931, avec pour fondateurs Gérard Bardet, André Loizillon et John Nicoletis. Ce groupe de réflexion devient deux ans plus tard le Centre polytechnicien d’études économiques (CPEE). L’essor de ce que l’on peut appeler une société de pensée entre 1933 et 1939 sera remarquable (environ 2000 membres en 1939) mais son fonctionnement et ses objectifs ne sont pas ceux d’un centre de recherche. Jacques Branger définit le CPEE dans le Bulletin d’octobre-novembre 1935 en ces termes :

 Le CPEE ne vise ni à élaborer, ni à défendre certaines doctrines, ni à être un institut de recherches statistiques pures. Il doit tenter de rassembler et critiquer les travaux de ces organismes en vue d’organiser leur application à la vie économique réelle qu’il est, par ailleurs, particulièrement à même d’analyser objectivement. (cité dans X-Crise, 1982, p. 20)[ 3  À l’exception d’une étude de John Nicoletis dans le Bulletin du centre en juin 1933 (Dard, 1998, p (...)]

11 Le groupe X-Crise porte un jugement peu flatteur sur l’économie politique et les professeurs d’économie des facultés de droit, ce qui sera une source de tension. Même si l’on peut citer la conférence de Gaëtan Pirou du 12 janvier 1937 sur « les méthodes de l’économie politique » ou l’amorce de contacts entre Jean Coutrot et René Courtin en 1939, il semble que dès cette période la coupure entre les économistes polytechniciens et les professeurs de la Faculté de droit est une réalité. Pourtant les centres d’intérêt des deux groupes ne sont pas sensiblement différents. Pendant les années 1920 et 1930, l’essentiel des articles de la Revue d’économie politique est consacré aux problèmes économiques français ou étrangers et aux discussions de politique économique. Comme le constate Marc Pénin (1996, p. 187) la place réservée à la théorie économique est fort limitée. De même, si l’on considère, par exemple, la diffusion des analyses de Keynes, elle semble aussi faible du côté des travaux du CPEE3 que du côté des universitaires.

 12 L’approche formalisée de l’analyse économique trouve sa place dans les réflexions du CPEE. François Divisia qui était professeur d’économie politique à l’École polytechnique fait une conférence en décembre 1933 au CPEE intitulée « Travaux et méthodes de la société d’économétrie », qui est un bref résumé des travaux engagés et, surtout, une liste des questions économiques qui appellent un traitement économétrique. Jean Ullmo et Robert Gibrat chercheront aussi à montrer dans les assemblées du CPEE l’intérêt de l’utilisation des mathématiques en économie, alors que les frères Guillaume amorcent des travaux sur l’« économie rationnelle ».

 L’Institut scientifique de recherches économiques et sociales

13 Jean-Marcel Jeanneney rappelle ces faits dans sa présentation de l’origine de l’Observatoire français de conjoncture économique (OFCE) :

 Charles Rist, économiste de réputation internationale, avait en 1933, au moment de sa retraite de professeur à la faculté de droit, créé à Paris, au 4 de la rue Michelet, un Institut de recherches économiques et sociales, grâce à une généreuse donation de la Fondation Rockefeller. Lorsqu’en 1952, alors doyen de la Faculté de Grenoble, je fus élu à une chaire d’économie à la Faculté de droit de Paris, Charles Rist me demanda de lui succéder à la direction de cet Institut. C’était le seul centre universitaire de recherche économique existant en France. (Jeanneney, 2007, p. 3).[ 4  Le conseil de l’ISRES est composé d’Aftalion, Augé-Laribé, Bouglé, Divisia et Simiand. Laufenburge (...)]

14 Cet Institut scientifique de recherches économiques et sociales (ISRES)4 avait pour objectif de développer l’information sur la situation de l’économie française ainsi que sur le contexte international. Il se partageait en deux sections, l’une consacrée aux recherches, l’autre à la réunion de documents. Le rôle joué par la fondation Rockefeller de 1931 à 1949, et dans une moindre mesure par la fondation Ford ensuite, est à rattacher à la volonté de ces fondations de développer la recherche en sciences sociales en France et au modèle que Charles Rist adopte en se référant au National Bureau of Economic Research.

 15 L’institut publie notamment des enquêtes comme celles sur le chômage en 1935, 1942 et 1949, la formation des prix ou les budgets ouvriers, qui sont réalisées par de jeunes chercheurs parmi lesquels on peut citer Schwob, Marjolin, Gaussel, Bérard ou encore Costa. L’institut est aussi un centre qui accueille des étudiants comme Jeanneney ou Bartoli.

 16 L’originalité de cet institut tient certainement à cette volonté de Rist d’en faire à la fois un centre de recherche indépendant des organismes officiels qui s’engage dans des recherches longues, un organisme qui collecte et traite l’information économique et sociale, un lieu d’accueil pour les jeunes chercheurs, et un organisme en relation avec des économistes et des institutions étrangères. Cette philosophie inspirera profondément Jeanneney tant dans la conduite du Service d’activité économique et sociale à partir de 1952 que dans la mise en place de l’OFCE en 1981.

 Le CNRS et l’économétrie

17 La naissance du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en 1939 marque un tournant déterminant en France ; comme le note Antoine Prost : « l’histoire du CNRS est celle de la professionnalisation de la recherche » (Prost, 1990, p. 6). À l’origine, l’économie occupe une place très limitée au CNRS à l’exception de l’économétrie. Quelques hommes joueront un rôle décisif dans cet amarrage institutionnel de l’économétrie au CNRS : le mathématicien Georges Darmois qui a déjà participé à la création de l’Institut de statistique de l’Université de Paris (ISUP), François Divisia qui est directeur du laboratoire d’économie industrielle du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et membre fondateur de la Société internationale d’économétrie, René Roy qui occupe à partir de 1931 la chaire d’économétrie à l’ISUP, et Maurice Allais qui est nommé professeur d’analyse économique à l’École des mines en 1944 et qui met en place un groupe de recherches économiques et sociales.

 18 Les efforts de Divisia pour obtenir, à partir de 1938, la création d’un laboratoire d’économétrie vont tout d’abord aboutir en 1940 à la mise en place d’un comité d’économétrie rattaché à la section de la recherche appliquée du CNRS puis, en décembre 1946, à la Commission d’économétrie du CNRS qui est composée de Allais, Bunle, Darmois, Divisia, Dubourdieu, Dumontier, Fréchet, Huber, Lutfalla, et Roy. On décide alors de la création d’un Centre de travail et laboratoire d’économétrie, et de la mise en place de trois séminaires d’économétrie (le premier confié à Allais, le deuxième à Roy, et le troisième, à Lyon, à Eyraud).

 19 Les trois séminaires fonctionnaient selon des logiques très différentes. Allais cherchait à développer les questions théoriques à partir de problèmes économiques concrets d’actualité comme la tarification de l’énergie ou la coordination du rail et de la route (Bungener et Joël, 1989). Le séminaire Roy avait un fonctionnement plus universitaire (étude d’articles récents, développement des équations au tableau), mettait en place des cycles de conférences supplémentaires sur des sujets spécifiques confiés à des spécialistes et donna lieu à deux séries de publications : en 1951, Les cahiers du séminaire, et en 1958, Les monographies du centre d’économétrie. Les thèmes abordés dans ces séminaires sont très variés (ibid., p. 81), de « séances théoriques relatives à la détermination de l’optimum et à la théorie de la valeur », à « l’exposé de tentatives d’application des méthodes économétriques ».[5  Service des études économiques et financières créé par Claude Gruson].

20 Les travaux en économétrie seront stimulés par les commandes du Plan et d’organismes comme le CORDES, le CREDOC et le SEEF5. Il faut d’ailleurs signaler que c’est du côté des hauts fonctionnaires engagés dans l’élaboration de la comptabilité nationale comme Marjolin, Gruson ou Nora, et non à l’université, que l’on trouve le plus grand intérêt pour les travaux récents d’économistes comme Keynes (Rosanvallon, 1987).

21 Du côté universitaire, l’ISEA créé par François Perroux en 1944 fait figure d’exception. Cet institut sera pendant quelques années un centre de recherche très dynamique, mais il sera confronté à diverses tensions internes au début des années 1950, ce qui entraînera le départ d’une partie des chercheurs de l’équipe.

 Trois séminaires particuliers

22 Il faut attendre les années 1960, et les initiatives d’étudiants qui sont à l’origine de la création de trois séminaires, pour que s’engage un changement significatif dans l’organisation de la recherche en économie dans le cadre des facultés. C’est un moment charnière pour la discipline, car ces séminaires sont l’expression d’une rupture avec une ancienne génération d’universitaires qui privilégiaient l’enseignement en reléguant l’activité de recherche à un travail isolé de rédaction d’ouvrages ou d’articles relativement en marge des travaux des chercheurs anglo-saxons qui pendant les années 1950-1960 sont au cœur de la science économique moderne qui s’affirme.

 23 Le séminaire de théorie économique Jean-Baptiste Say, créé en 1962 sous la forme d’une association rattachée à la Faculté de droit et des sciences économiques de Paris, est le premier des trois séminaires d’économistes universitaires qui voient le jour pendant la première moitié des années 1960. Son responsable, Daniel Pilisi, qui venait de terminer son troisième cycle, avait découvert lors d’un séjour effectué à Uppsala en 1957-1958 l’intérêt de la réflexion collective dans le cadre des séminaires. Le groupe est constitué en 1960-1961. Les principaux participants sont : Daniel Pilisi, Emil M. Claassen, Pascal Salin, Claude Meidinger, Jean-Claude Milleron, Alain Wolfelsperger, Claude Vedel, Pierre Salmon et Annie Vinokur (Rueff a lui aussi assisté au séminaire).

 24 D’après Salin, ce séminaire, qui à l’origine a bénéficié du soutien de Byé et de Guitton, était perçu comme une provocation par les « économistes universitaires français chrétiens-démocrates », car ses travaux leur paraissaient trop centrés sur les recherches anglo-saxonnes. Les documents de travail produits par les membres du séminaire sont nombreux et abordent des thèmes variés comme les modèles néoclassiques de croissance ou la controverse des changes flexibles. Un ouvrage collectif est publié en 1965, qui réunit une série de contributions sur la théorie du revenu permanent (Pilisi et al., 1965). En 1967 Pilisi et Salin rédigent un document sur « l’enseignement et la recherche en science économique », dans lequel ils insistent sur la « contribution à peu près nulle » des facultés françaises à la recherche internationale tant au niveau de la théorie économique que dans le domaine des méthodes d’application (Pilisi et Salin, 1967).

 25 Deux autres séminaires vont se mettre en place au milieu des années 1960 avec la même volonté de pallier l’absence de structure d’accueil pour les jeunes chercheurs en science économique : le séminaire Aftalion et le séminaire Goezt-Girey.

 

26 Créé en 1964, sous l’impulsion de Dominique Taddéi par un groupe de thésards, le séminaire Aftalion devient rapidement le plus important numériquement (environ 70 participants), car il occupe une place stratégique entre la chaire d’Henri Guitton et les Salles d’études économiques et statistiques (SEES) dirigées par Alain Barrère. Les collaborateurs techniques du séminaire étaient Jean Cartelier, Dominique Taddéi, Ghislain Deleplace Jean-Pierre Séréni et Daniel Vitry. Dès 1965, le séminaire se structure en groupes thématiques autour d’un responsable : « monnaie » (Cartelier), « répartition » (Frydman), « économie publique » (Chatelus), « politique économique » (Taddéi), « firme » (Marschenay). À partir de 1967, les groupes se restructurent autour du thème de la croissance : « croissance et commerce extérieur » (Valier, Gaubert, Benetti, Salama) ; « croissance et progrès technique » (Bramoulé, Deleplace, Cartelier) ; « croissance et besoins » (Gillard, Hénin, Mozère) ; « profit-investissement » (Berthomieu, Vitry, Sollogoub, Guillaume). À partir de 1970, le fonctionnement des groupes s’épuisa avec le départ de nombreux agrégés. Ensuite l’Équipe de recherche associée (ERA) du GEREI (Groupe d’étude des relations économiques internationales) sous la direction de Bernard Ducros draina une partie des effectifs ainsi que le groupe (informel) Épistémologie de Serge Latouche. Le dernier groupe du séminaire Aftalion (celui de Lucien Gillard) se dissout au début de 1972. Guitton va alors reprendre un séminaire Conjoncture qui va être reconnu par le CNRS comme unité de recherche associée (URA), Conjoncture analytique. D’un autre côté, Bartoli va appuyer la constitution d’un groupe qui commençait à travailler sur les fondements microéconomiques de la macroéconomie, en liaison avec le Centre d’économétrie (on parlera de la phase « mic-mac »). Les premiers participants sont Blondel, Hénin, Pollin, Béraud, Favereau et d’Autume. Le Centre d’économétrie, copiloté par Guitton et Hénin, va fusionner le groupe « mic-mac » et le séminaire de conjoncture analytique pour créer le CAD (Conjoncture et analyse des déséquilibres). Le CAD se transformera en MAD (Macroéconomie et analyse des déséquilibres) qui sera, sous l’impulsion d’Antoine d’Autume, le centre de recherche qui formera toute une nouvelle génération d’économistes.

 27 Le séminaire Goetz-Girey se présentait, quant à lui, dans un projet de charte daté de 1966 comme « un groupe universitaire de réflexion théorique et de recherche économique ». Il est clairement précisé que « la ligne générale qui a présidé à la fondation du séminaire porte sur les finalités de la science économique, notamment par rapport à la politique économique » ; il est même ajouté :[ 6  Séminaire Goetz-Girey, « Charte du séminaire », 1966. Cette charte est disponible sous forme de do (...)]

L’économie est une science politique, elle doit avoir pour tâche première d’informer les agents dont les capacités de décision retentissent de façon particulière sur tout ou partie de la population. […] À ce titre, elle reste une science de l’homme : l’Économique ne peut se limiter à l’étude de cet « homo-œconomicus » dont le postulat de rationalité fonde de façon si contraignante la majeure partie de nos analyses. Elle doit tenter d’intégrer les théories du comportement que psychologie et sociologie élaborent actuellement.

 28 Parmi les membres de ce séminaire, on peut citer : Édith Archambault, Michèle Fardeau, Michel Vernieres, Xavier Greffe et Jérôme Lallement. Les documents de ce séminaire permettent d’identifier les sujets abordés : le modèle d’équilibre général avec l’intervention des biens publics ; l’analyse de l’optimum de second ordre ; les biens collectifs purs, l’économie des services publics, l’étude appliquée au logement, l’articulation entre le plan et le budget, l’intégration des services collectifs dans la comptabilité nationale, les approches contemporaines de l’économie de l’éducation, la bureaucratie, etc.

 29 Il est clair que la division entre les trois séminaires de recherche recouvre en partie des découpages idéologiques, mais dans chacun des séminaires se trouvent des partisans d’une science économique modélisée et abstraite. On retrouvera dans les nouvelles facultés de sciences économiques qui sont créées après 1968 beaucoup des membres de ces trois séminaires. C’est la génération des universitaires qui conduira le processus de normalisation de l’enseignement et de la recherche en sciences économiques en France pendant les années 1970-1980.

 

30 Ajoutons que cette dynamique des séminaires va s’étendre au-delà de l’Université. On peut donner comme exemple la mise en place, au début des années 1970, du service économétrique de la Banque de France, qui va contribuer au renouvellement de la pensée monétaire en France, avec un rôle central joué par Gérard Maarek et Vivien Levy Garboua. À l’INSEE, un séminaire est organisé en 1974-1975 autour des recherches de Michel Aglietta à partir de sa thèse soutenue en 1974 et publiée quelques années plus tard (Aglietta, 1997) ; ce sera le début des travaux de l’école de la régulation.

 L’essor tardif des centres d’expertise et la professionnalisation de la discipline

31 La figure de l’économiste comme expert est révélatrice de la capacité à professionnaliser une discipline. C’est un enjeu qui est apparu de plus en plus clairement aux économistes français depuis les années 1980-1990. La position des experts était auparavant d’ordre institutionnel : ils étaient identifiés par l’école d’origine et l’appartenance à un corps de l’administration. Les économistes ingénieurs ont occupé une place centrale dans ce travail d’expertise économique à l’INSEE, à la Direction de la prévision, au Commissariat général au Plan.

 32 La professionnalisation des économistes s’est accélérée avec l’organisation des économistes par champs comme la finance, la santé, les transports, l’environnement, l’énergie, etc. Dans chacun de ces domaines, l’analyse économique a développé des outils pour aider les décideurs publics et privés à mettre en œuvre de nouvelles organisations (création de marchés ou nouvelles régulations sectorielles, expérimentations pour évaluer l’impact d’une réforme, etc.). On est entré dans l’ère de l’economic designcomme l’écrit Hal Varian (2002) dans un article du New York Times.

 33 Ce processus a pris une ampleur particulière aux États-Unis, car les services publics mobilisent des conseillers qui ne sont pas des fonctionnaires et qui doivent donc s’appuyer sur une légitimité professionnelle combinant la position académique et l’insertion dans les réseaux de décideurs qui font appel aux experts. Nouriel Roubini est un exemple emblématique d’économiste très médiatisé qui a développé son propre cabinet de conseil (RGE Monitor).[7  Voir par exemple le rapport de Philippe Aghion (2010)].

34 Aujourd’hui, en France, avec la mise en place d’agences, de conseils, de cabinets d’analyse, de job market, de think tanks, on assiste aussi à ce mouvement de professionnalisation des économistes, qui participent de plus en plus à un marché international des experts. On constate d’ailleurs que la question de la professionnalisation est au cœur de nombreuses réflexions sur la performance des universités7 ou sur le statut des universitaires (Gary-Bobo et Trannoy, 2009a et 2009b). On pourrait multiplier les exemples où les économistes recourent à leurs outils d’analyse pour penser ces sujets qui traitent de la professionnalisation.

 35 On peut avoir plusieurs lectures de cette transformation qui touche à la fois l’enseignement, la recherche et les carrières des économistes français. La première interprétation peut se faire en termes de valorisation : les économistes, pour développer leurs recherches, doivent à la fois s’adresser au réseau académique, aux diverses agences qui font de l’expertise économique, et aux fondations qui soutiennent les programmes de recherche. Une deuxième lecture repose sur une interprétation critique des rapprochements de la profession avec les acteurs politiques et économiques, car les réseaux « non scientifiques » seraient de plus en plus influents dans les déroulements de carrière des chercheurs et dans l’orientation des analyses produites par les économistes. Enfin, une troisième vision relève du constat : les économistes travaillent sur des sujets qui n’échappent pas à la logique de la mondialisation ; il y aurait donc entre les objets d’étude, les réseaux de chercheurs et les organisations en charge du travail d’expertise une grande tendance à la normalisation internationale. Il serait simpliste de choisir une seule explication, le véritable problème est dans la compréhension des interactions entre les différentes forces à l’œuvre.

 36 Si les trente dernières années ont été marquées par une normalisation de la discipline avec une professionnalisation des économistes français qui ont adopté des standards internationaux, cette transformation ne s’est pas opérée sans résistances ni débats. On peut citer, par exemple, l’Association pour la critique des sciences économiques et sociales, créée en 1973 sous l’impulsion de Michel Beaud et Claude Servolin, le mouvement étudiant Autisme-économie lancé en 2000 avec une pétition de soutien de professeurs (voir Fitoussi éd., 2001), la création récente de l’Association française d’économie politique (AFEP), initiative d’économistes qui défendent « la pluralité des approches ». À signaler également, à l’international, la création de l’Institut of New Economic Thinking(INET) en 2009. Hélène Rey, qui participait à la conférence inaugurale de cet institut, rappelait à cette occasion :

 Les travaux de recherche en économie sont loin de constituer un bloc monolithique qui serait porteur du message dogmatique habituel : les marchés sont efficients et s’autorégulent. En fait, une grande partie de la recherche en économie des dix ou vingt dernières années s’est focalisée sur les problèmes informationnels et les imperfections des marchés. (Rey, 2010)

 37 Avec la crise économique on a vu se multiplier les tables rondes sur des sujets comme : « à quoi servent les économistes ? » C’est l’opportunité de développer une réflexion constructive sur les formations en économie, l’organisation de la recherche et le développement de l’expertise.

BIBLIOGRAPHIE

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NOTES :  1  On peut citer par exemple : « Le rôle économique de l’État » en 1922 ; « Les nouvelles conditions de la vie industrielle » en 1929 ; « Le désordre de l’économie internationale et la pensée chrétienne » en 1932 ; ou « Les exigences humaines de l’expansion économique » en 1956. 2  Expression utilisée par l’Association des amis de François Perroux. 3  À l’exception d’une étude de John Nicoletis dans le Bulletin du centre en juin 1933 (Dard, 1998, p. 178). 4  Le conseil de l’ISRES est composé d’Aftalion, Augé-Laribé, Bouglé, Divisia et Simiand. Laufenburger remplacera Simiand, décédé en 1936. Perroux y entre en 1941, suivi par Jeanneney, Marjolin et Lemaître. 5  Service des études économiques et financières créé par Claude Gruson. 6  Séminaire Goetz-Girey, « Charte du séminaire », 1966. Cette charte est disponible sous forme de document ronéoté dans les archives personnelles du séminaire confiées à l’auteur. 7  Voir par exemple le rapport de Philippe Aghion (2010). Référence électronique. Pascal Le MERRER, « L’affirmation de l’économie comme discipline scientifique : une histoire française particulière », Tracés. Revue de Sciences humaines [En ligne], #11 | 2011, mis en ligne le 01 décembre 2013, consulté le 13 février 2019. URL :  http://journals.openedition.org/traces/5313

Cet article est cité par Lebaron, Frédéric. (2017) Die Innenwelt der Ökonomie. DOI: 10.1007/978-3-658-10428-3_10. Auteur PASCAL LE MERRER, professeur agrégé (PRAG) en économie à l’ENS de Lyon, responsable du site DGESCO et directeur général des Journées de l’économie DROITS D’AUTEUR. Licence Creative Commons. Tracés est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

GUNTHER KRAUSE. DIE GESCHICHTE DER OKONOMISCHEN THEORIEN ZWISCHEN MAINSTREAM UND ALTERNATIVE. THE HISTORY OF ECONOMIC THEORIES BETWEEN MAINSTREAM AND ALTERNATIVES. A HISTÓRIADA S TEORIAS ECONÔMICAS ENTRE MAINSTREAM E ALTERNATIVAS.  

A HISTORIA DAS TEORIAS ECONOMICAS ENTRE MAINSTREAM E ALTERNATIVAS

Die Problemlage und relevante Fragen

Der Blick auf das Ende des 20. Jahrhunderts fördert ein fraglos bemerkenswertes Merkmal zutage: Es zeichnet sich durch eine historisch überraschende Reduktion der Vielfalt von Formen gesellschaftlicher Entwicklung aus. Zunächst vollzogen sich in den achtziger Jahren in den Metropolen des Westens fundamentale strukturelle Veränderungen im Typus des Kapitalismus. Das fordistisch verfaßte, durch Varianten von keynesianischer Wirtschaftslehre geprägte Akkumulationsmodell mit Präferenzen für einen die ökonomischen Konflikte regulierenden Wohlfahrtsstaat wurde schrittweise obsolet. Ein neuer Kapitalismustyp trat an seine Stelle, der primär die Gesellschaft über Markt und Wettbewerb, Privatisierung und Deregulierung öffentlicher Güter zu konstituieren sucht. Angebotslogik, Freiheit des Kapitalverkehrs, massiver Abbau von erkämpften sozialen Standards sind seine Markenzeichen. Für die geistige Legitimierung dieses Projekts stand und steht insbesondere das gut gefüllte Arsenal des internationalen Neoliberalismus zur Verfügung. Dabei bildet die Neoklassik mit ihren diversen Offerten wie wohlfeilen wirtschaftspolitischen Formeln den theoretischen Kern. Sie repräsentiert damit heute zugleich den Mainstream in der Ökonomiezunft. Zu Beginn der neunziger Jahre kam es schließlich zum Zusammenbruch des europäischen Staatssozialismus mit seinen Formen zentraler Planökonomie. Damit verbunden war eine durchaus nachvollziehbare Abkehr und Diskreditierung von jedweden Sozialismusmodellen, der Ideen von gesellschaftlichem Eigentum und volkswirtschaftlicher Planung sowie von sozialer Gleichheit und Verteilungsgerechtigkeit. Distanz zu den ideengeschichtlichen Quellen, den theoretischen Stammvätern der verschiedenen Sozialismuskonzepte sollte ebenso die Folge sein wie insgesamt eine defensive Position der Vertreterinnen und Vertreter des zeitgenössischen Marxismus. Auch in den Gesellschaften der ›Dritten Welt‹ vollzogen sich in dieser Zeit gewichtige Veränderungen. Der Abbruch nachholender Entwicklung sollte vielerorts zu einer Tatsache werden – das Ende des Entwicklungsstaates war genauso unübersehbar wie das Ende des realsozialistischen Planungsstaates und des westlichen Wohlfahrtsstaates.

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http://www.urbanlab.org/articles/economics/Schumpeter%201954%20-%20history%20economic%20analysis.pdf

Ghislain Deleplace. Christophe Laviale. Histore de la pensée économique (Dunot)

Lapidus André. Introduction à une "Histoire de la Pensée Economique" qui ne verra jamais le jour.( In: Revue économique, volume 47, n°4, 1996. pp. 867-892)       

https://www.persee.fr/doc/reco_0035-2764_1996_num_47_4_409826

Uwe Dathe Walters Euckens Weg zum Liberalismus ( 1918-1934)

https://www.eucken.de/wp-content/uploads/09_10-Dathe-Elektronisch.pdf

The Austrian school of economics 

The Austrian school of economics was founded in 1871 with the publication of Carl Menger’s Principles of Economics. MENGER, along with WILLIAm  STANLEY JEVONS   and  LEON   WALRAS,  developed  the  marginalist  revolution  in  economic analysis.  Menger  dedicated  Principles  of  Economics  to  his  German  colleague William  Roscher,  the  leading  figure  in  the  German historical  school,  which dominated economic thinking in German-language countries. In his book, Menger argued  that  economic  analysis  is  universally  applicable  and  that  the  appropriate unit of analysis is man and his choices. These choices, he wrote, are determined by individual subjective preferences and the margin on which decisions are made (see  The Austrian School of Economics by Peter J. Boettke  - Econlib.

https://www.econlib.org/library/Enc/AustrianSchoolofEconomics.html[26/03/2019

The Austrian School of Economics. A History of Its Ideas, Ambassadors, and Institutions by Eugen Maria Schulak and Herbert Unterköfler. Translated by Arlene Oost-Zinner. 

Contents: The Austrian School in Brief . 1 Vienna in the Mid-Nineteenth Century. 2 Economics as an Academic Discipline. 3 The Discovery of the Self: The Theory of Subjective Value .4 The Emergence of the Austrian School in the Methodenstreit. 5 Carl Menger: Founder of the Austrian School.  6 Time is Money: The Austrian Theory of Capital and Interest ,7 Friedrich von Wieser: From Economist to Social Scientist. 8 Eugen von Böhm-Bawerk: Economist, Minister, Aristocrat. 9 Emil Sax: The Recluse from Voloska. 10 Further Students of Menger and Other Supporters. 11 Money Makes the World Go Round: e Monetary Theory of the Business Cycle.

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Darcy Carvalho,
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7 de abr de 2019 14:25
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2 de jun de 2019 14:25
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24 de jan de 2019 04:40
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